La Fraternité pour renforcer la cohésion sociale

Publié le par Gilles Le Bail

Dans la France 2010, les personnes se centrent sur la sphère privée, familiale et personnelle. La personne existe en tant que telle, avant d'être membre de la société. « La personne ne serait sociale que par sa capacité à tisser des liens avec d'autres, à reconnaître qu'elle vit dans un environnement »[1]. Cette logique d'individualisation produit des phénomènes de concurrence et des logiques de compétition exacerbées qui ne sont pas compensés par une protection suffisante des personnes. L'intérêt personnel et les égoïsmes s'opposent aux principes de solidarité qui est avant tout l'engagement juridique de la société envers les plus faibles.et de fraternité qui a fait vivre. On est alors aux antipodes du contrat social, bâti sur l'appartenance de l'homme à un ensemble quelles que soient ses origines, ses croyances et ses facultés.

 

Le refus de ces rapports de concurrence ou si la personne s'en trouve exclue provoque l'enfermement dans une vie en marge de la société. L'isolement, la solitude, la souffrance sociale et le mal-être condamnent à l'impuissance la personne. Cette situation peut ensuite soit prendre la forme de la haine de l'autre; soit développer une expression politique limitée au vote et la récrimination en privé.

 

Ce mouvement est amplifié par la désillusion vis-à-vis des idéologies qui structurent les générations plus anciennes. Le développement du numérique change aussi profondément les relations entre les personnes, l'accès à l'internet et les possibilités d'interconnexion à travers les réseaux sociaux explose. Créant une situation paradoxale où une même personne, d'être repliée sur le privé, sur sa tribu, sur sa communauté et être complément ouvert sur le monde et sur le global.

 

Qu'est ce que la Fraternité ?

Elle peut être en effet bien autre chose qu'une démarche individuelle ou une dynamique de clan ou de communauté. Elle peut être l'épine dorsale d'un véritable projet de société. A condition bien sûr de bien s'entendre sur la notion de Fraternité, en particulier au regard d'un concept voisin mieux ancré dans la culture française : celui de Solidarité

 

Les principes de solidarité et de fraternité sont indispensables d'abord pour la réponse qu'ils apportent aux personnes en difficulté, mais aussi parce qu'ils contribuent à la cohésion sociale. On a tendance à l'oublier quand on s'interroge sur les coûts sociaux de la solidarité qu'une société sans solidarité est une société éclatée qui laisse la part belle aux communautarismes quels qu'ils soient. La société française doit retrouver sa capacité à intégrer par la concrétisation de la fraternité.

 

Afin de créer du mieux vivre, il faut prendre en compte ces évolutions. Ainsi la qualité des relations entre les personnes est aussi importante que son l'utilité. Exercer sa citoyenneté n'est pas une affaire d'opinion, mais de bon sens, de lucidité et de fraternité. C'est s'exposer en acceptant d'être utile avant d'être plaisant, savoir être insécurisé par l'autre, haïr l'erreur mais aimer les errants, ceux qui cherchent avec sincérité. C'est aussi être conscient de sa dignité et de sa situation au sein de l'humanité de sa valeur comme être unique, dépositaire d'une parcelle de la souveraineté humaine. Quête de soi qui permet alors d'aller vers les autres, liberté personnelle comme moteur de la liberté des autres. Prise de conscience vers plus de citoyenneté et d'emprise sur le monde environnant.

 

Cette citoyenneté, cet engagement n'est pas anonyme et impersonnelle. Il s'agit en même temps de démontrer à nos proches et se prouver à soi-même sa valeur. Eprouver le besoin de faire, non pour soulager une conscience ou se valoriser par un acte héroïque ou encore sauver son âme, mais pour affirmer son existence sociale et se rassurer sur sa valeur intrinsèque. S'engager c'est se mettre au service des autres. Elle établit des liens entre les personnes dans la cité, crée des solidarités et amène du bien être social.

 

[1] Jacques Guigou, la cité des égo

 

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C
<br /> <br /> La  crise des valeurs que connaît la société française concerne la fraternité , forme de lien social,  solidarité qui selon moi s'exerce entre pairs,  mais pas seulement.<br /> <br /> <br /> Elle concerne la solidarité entre membre d'une même famille .Iréne THERY souligne le processus d'individuation qui touche la famille et qui nuit à la solidarité à l'intérieur des la cellule<br /> familiale et surtout du couple.Les relations familiales sont avant tout électives. On ne fréquente pas tous les membres de la famille à laquelle on appartient. La famille est un groupe<br /> social primaire,lieu de la eproducition humaine et de socialisation, groupe à dimension variable, unis par des relations  d'alliance ,de parenté biologique, juridique et<br /> sociale. Chaque membre de la famille recherche son épanouissement individuel,au détriment parfois de l'intérêt génèral de la famille.Le statut de mère s'affronte avec celui de femme<br /> avec l'émancipation féminime, avec son désir d"affirmation de son indépendance, remettant en cause le statut de l'homme  et allant jusqu'à  provoquer un malaise pour ce dernier, ne<br /> sachant où se situer.  Gary Becker applique une analyse libérale en termes de coûts et d'avantages à la famille. L'homme serait-il devenu rationnel calculateur jusqu'au sein des<br /> relations famliales, jusqu'au domaine de l'intime!!<br /> <br /> <br /> L'esprit libéral aurait-il atteint toutes les sphères mêmes les plus privées?<br /> <br /> <br />  Nous ommes dans une société de marché .Le lien social et les fomes de solidarité qui l'accompagne sont fragilisés  notamment le lien conjugal. Par contre , le lien intergénérationnel<br /> semble le mieux préservé. Les grands- parents ont un rôle important en matière de solidarité familiale, en cas de difficultés sociales ou financières, evidemment le degré d'exerice de cette<br /> solidarité dépend des familles, du milieu social , de leurs valeurs.Ce qui ne fait qu'accroître les inégalités. Les services gratuits, garde d'enfants, travail  et production domestiques,<br /> dons d'argent sont souvent le fait des grands parents envers les petits enfants. Le don n'a pas disparu de notre société, ses formes se modifient, le type de bénéficiaires est électif.C'est ainsi<br /> que les personnes seules , pauvres en fait sans intérêt meurent dans la solitude, comme lors des canicules où personne ne réclame leur corps, en cas de décès.<br /> <br /> <br />  Les difficultés sociales,économiques provoquent un repli sur soi nuisant à l'exercice de la solidarité, chacun défendant ses intérêts personnels.. La solidarité  organique au sens<br /> de DURKHEIM  caractérisant les sociétés modernes, exercée par les institutions se révèle insuffisante pour pallier aux defaillances de l'insuffisance de solidarité mécanique entre<br /> membres d'un même groupe, d'une même famille . La rupture progressive du lien social favorise l'exclusion des plus fragiles et favorise la progression des inégalités sociales et économiques<br /> dans notre société.Chacun agit dans notre société individualiste selon sa propre légitimité, en référence à son propre système de valeurs? Que pouvons- nous faire face à cette crise?<br /> <br /> <br /> Est-ce une crise ou un changement social? <br /> <br /> <br /> <br />
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